Nouvelle publication dans Cell de l'équipe AI2B
Auto-immunité dirigée contre les interférons de type I et risque de formes graves d’infections virales
Cell, Mai 2026
Les équipes dirigées par le Pr Matthieu Mahévas et le Dr Pascal Chappert à l’Institut Necker Enfants Malades (Inserm/CNRS/Université Paris Cité/Paris Est-Créteil), en collaboration avec un consortium international incluant notamment Jean-Laurent Casanova (Institut Imagine), Félix Rey (Institut Pasteur) et Guy Gorochov (CIMI), apportent de nouveaux éclairages sur l’origine des auto-anticorps dirigés contre les interférons de type I. Cette étude collaborative d’envergure, impliquant plus de 60 chercheurs et cliniciens, est publiée dans la revue Cell.
Les interférons de type I sont des protéines essentielles à la défense antivirale. Pourtant, certains patients atteints de formes graves d’infections virales (notamment plus de 10 % des patients présentant une forme sévère de COVID-19) possèdent des auto-anticorps capables de neutraliser ces molécules, compromettant ainsi leur réponse immunitaire. L’origine de ces auto-anticorps restait jusqu’à présent mal comprise.
En combinant des approches de biologie structurale, de modélisation des interactions protéines-protéines et d’analyse fine des lymphocytes B humains, les chercheurs montrent que les cellules immunitaires responsables de la production de ces auto-anticorps ne sont pas induites lors de l’infection, mais sont déjà présentes avant l’exposition virale. Ces lymphocytes B auto-réactifs présentent des caractéristiques proches de celles observées dans certaines maladies génétiques affectant la tolérance immunitaire, et sont capables de perturber la réponse antivirale.
L’étude propose également une cartographie moléculaire détaillée de la reconnaissance des interférons de type I, fondée sur l’analyse de plus de 150 anticorps, offrant une vision sans précédent de la diversité et de la spécificité de cette réponse auto-immune.
Ces résultats suggèrent que, chez certains individus par ailleurs sains, des anomalies préexistantes de la tolérance immunitaire pourraient favoriser le développement de formes graves d’infections virales. En mettant en évidence cet état auto-immun latent, cette étude ouvre de nouvelles perspectives pour le dépistage, la stratification du risque et la prévention des infections sévères.
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