Nouvelle publication de l'équipe Goffin dans EMBO Molecular Medicine
Le ciblage de cellules de type "club" préexistantes potentialise l’hormonothérapie de privation androgénique dans le cancer de la prostate
Targeting pre-existing club-like cells potentiates androgen deprivation therapy in prostate cancer - EMBO Molecular Medicine, February 2026
Des chercheur·euses du laboratoire Physiopathologie de la prolactine et de l’hormone de croissance, dirigé par Vincent Goffin, en collaboration avec plusieurs partenaires nationaux et internationaux, rapportent une nouvelle stratégie thérapeutique visant à limiter la progression du cancer de la prostate vers des formes résistantes à la castration. Dans une étude récemment publiée dans EMBO Molecular Medicine, Manon Baurès et Anne-Sophie Vieira Aleixo (co-premières autrices, respectivement ancienne doctorante et doctorante actuelle à l’INEM), avec Vincent Goffin et leurs collègues, ont étudié le rôle d’une population cellulaire tumorale spécifique dans la résistance à "l’hormonothérapie de privation androgénique" (ADT).
L’hormonothérapie de privation androgénique constitue un pilier du traitement du cancer de la prostate. Toutefois, la majorité des tumeurs finissent par rechuter et évoluer vers un cancer de la prostate résistant à la castration (CRPC), une forme létale de la maladie. Les mécanismes cellulaires à l’origine de cette transition restent encore imparfaitement compris. Dans ce travail, les auteurs se sont intéressés à une population de cellules épithéliales de type "club" préexistantes, présentes dans les tumeurs prostatiques avant le début du traitement.
En combinant un modèle murin déficient pour Pten spécifiquement dans la prostate à des approches de transcriptomique unicellulaire, l’étude montre que ces cellules de type « club » survivent à la privation androgénique et contribuent à la persistance et à la progression tumorales. Plus précisément, les cellules progénitrices de type "club" présentes dans les tumeurs naïves de traitement acquièrent une tolérance à la castration par une reprogrammation transcriptionnelle majeure, plutôt que par des mécanismes de résistance intrinsèque. Cette reprogrammation est associée à une plasticité cellulaire accrue et à des caractéristiques tumorales agressives, et est pilotée par le facteur de transcription FOSL1/AP-1.
De manière importante, le ciblage sélectif de cette population cellulaire par une double inhibition pharmacologique de FOSL1/AP-1 et des kinases PIM supprime les propriétés progénitrices de ces cellules et réduit significativement la croissance tumorale dans des modèles murins et humains. Cette approche permet ainsi d’augmenter de façon marquée l’efficacité de l’ADT, en retardant la rechute tumorale et en limitant la progression vers des formes résistantes à la castration.
En identifiant les cellules de type "club" préexistantes comme un réservoir clé de résistance, cette étude apporte un nouvel éclairage sur la plasticité cellulaire dans le cancer de la prostate et met en évidence une vulnérabilité thérapeutique jusqu’ici méconnue. Ces résultats suggèrent que la combinaison de l’hormonothérapie de privation androgénique avec des stratégies ciblant des sous-populations tumorales résistantes, telles que les cellules de type « club » décrites ici, pourrait améliorer le contrôle à long terme de la maladie chez les patients atteints de cancer de la prostate.
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Images credits: Baurès M, Vieira Aleixo AS, et al. Targeting pre-existing club-like cells in prostate cancer potentiates androgen deprivation therapy. EMBO Mol Med. 2026 Feb 2. doi: 10.1038/s44321-026-00375-y.